5ème Colloque international du TyA

Le sexuel et la drogue

Fonction des addictions face au non-rapport sexuel

Argument

 

De la drogue aux addictions

 

La définition que donne Lacan de la drogue – « il n’y a aucune autre définition de la drogue que celle-ci : c’est ce qui permet de rompre le mariage avec le petit-pipi [1] » – l’indique clairement : la drogue a une fonction, et est, à ce titre, une solution.

Cette définition éclaire et oriente la pratique dans le champ de la toxicomanie et de l’alcoolisme. Elle peut aujourd’hui être appliquée aux addictions, que celles-ci soient une addiction à une substance (drogue, alcool, médicaments, …) ou, avec ou sans substance, à une activité (aux écrans, aux jeux d’argent ou vidéo, à la pornographie, au sexe, au sport, …).

 

Non-rapport sexuel et inventions

 

La célèbre proposition de Lacan, il n’y a pas de rapport sexuel, veut dire qu’à la différence des animaux, il n’y a pas pour le parlêtrede rapport sexuel qui puisse s’écrire, de mode d’emploi qui lui dise comment faire couple. Cela n’exclut pas qu’il puisse inventer un rapport sur fond de ce non-rapport. L’amour, par exemple, « donne l’illusion du rapport sexuel. [2] »

À l’ère de la technique, les individus usent de plus en plus d’objets dont ils peuvent être addicts. Ces usages sont-ils des prothèses ? Certains interfèrent-ils avec la relation avec le partenaire, voire la remplacent-ils ?

 

Addictions et non-rapport sexuel

 

Comment interpréter la définition de la drogue de Lacan ? La drogue permet-elle de rompre avec l’organe, le petit-pipi ? Ou, comme l’indique la référence de Lacan au petit Hans de Freud – le petit-pipi est celui de Hans – permet-elle de rompre avec le corps, ou, plus précisément, avec l’effet d’affect, souvent l’angoisse, que produit dans le corps tant la question du désir de l’Autre que les réponses du sujet à celle-ci ? [3]

Comment penser, à partir de l’indication que donne Jacques-Alain Miller de la toxicomanie comme une « insubordination au service sexuel [4] », le rapport entre la drogue et le sexuel ?

Entre satisfaction et échec, quelles médiations avec l’Autre sexe les addictions permettent-elles aujourd’hui : ruptures, inventions, relations, … ?

Comment l’analyste, ou l’intervenant orienté par la psychanalyse lacanienne, les considèrent-t-ils dans sa pratique en cabinet ou en institution de soins ?

 

Nous interrogerons, cas par cas, ces « arrangements » et leurs conséquences en termes de lien social à l’ère contemporaine.

 

Comité scientifique :

Nicolas Bousoño, Fabián Naparstek, Jean-Marc Josson, Jesus Santiago, Pierre Sidon.

 

[1] Lacan J., « Journées des cartels de l’École freudienne de Paris. Séance de clôture », Lettres de l’École freudienne, 1976, n18, p. 268, et Pharmakon, 2, 2016, pharmakondigital.com.

[2] Miller J.-A., « Il y a, il n’y a pas », Scilicet, 2026, p. 19.

[3] Cf. « Vers le Congrès AMP 2026 – La rupture avec le phallus », Pharmakon, 5, 2025, pharmakondigital.com.

[4] Miller J.-A., « La drogue de la parole », Accès, 15, septembre 2023, p. 20, et Pharmakon, 5, op. cit.