Le vecteur Conversation clinique et addictions se réunira pour la dernière fois de la saison le mercredi 17 juin pour une soirée sous le titre : « Ré(in)staurer, la honte ou le symptôme ». Nous serons amenés à travailler à partir de deux contributions.
La première, un texte théorique proposé par Pierre Sidon, psychiatre, psychanalyste membre de l’ECF : Si le symptôme est addiction à une jouissance qui itère (selon Jacques-Alain Miller), l’addiction ne fait généralement pas symptôme pour un sujet. Elle soulage même au contraire du symptôme, en particulier de l’angoisse. L’addiction est donc un traitement de substitution… de l’addiction primitive d’un sujet ; un symptolytique. Mais ce faisant, elle dissout le sujet et accélère son court-circuit vers la mort. Faut-il réinstaurer le symptôme pour sauver un sujet ?
Le deuxième est un texte clinique proposé par Claudio Maino : « La psychanalyse : dernier refuge de la pudeur ? »
Dans L’Envers de la psychanalyse, Lacan donne un diagnostic de son époque : il affirme qu’« il n’y a plus de honte »[1] – à distinguer de la pudeur, bien que liée à elle.
Un diagnostic que Jacques-Alain Miller, dans sa « Note sur la honte »[2], associe à une éclipse du regard, désormais châtré de sa puissance de faire honte. Au XXIe siècle, on serait passé du regard qui pourrait juger à un regard qui jouit : on est poussés à tout montrer, tout dire et à jouir à corps perdu. C’est l’hypothèse de la société du spectacle (Guy Debord) et de la société de la transparence (Byung-Chul Han).
Lorsque le cabinet de l’analyste est réduit à n’être qu’une adresse parmi d’autres, voire une ouïe qui jouit, comment soutenir pour le sujet un Autre qui regarde et qui fait honte, restituant ainsi le signifiant-maître à qui accorder toute sa dignité.
[1] Lacan J., Le Séminaire, livre XVII, L’Envers de la psychanalyse, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 1991, p. 209.
[2] Miller J.-A., « Note sur la honte », La Cause freudienne, n° 54, 2003.
Inscriptions sur addicta.org ou à addictions@enversdeparis.org


