Le vecteur Conversations Clinique et Addictions se réunira le 15 avril selon les modalités habituelles. Nous aurons le plaisir d’étudier deux contributions. La première sera un commentaire proposé par Elise Clément, du texte de Jacques-Alain Miller, le Salut par les déchets.

Le salut par les déchets, remarquable aphorisme qui arrête son lecteur, son auditeur, qui flaire la trouvaille inédite, l’énigme à déchiffrer, épris qu’il est de plus de clarté.

Et pour cause, le salut d’un côté, paradigme chrétien par excellence, promesse de retrouvailles avec l’Éternel dans la félicité, non sans quelques opérations sur le péché, un Christ ressuscité,  tout cela très sommairement brossé, et de l’autre les déchets, ce qui tombe, chute des matières, des corps, ce qui a à être expulsé, à être séparé.

Ce que nos sociétés capitalistes produisent en masse, « la Pluie d’objets »[1] et nos corps fort nombreux aussi, Lacan nous rappelant d’ailleurs que « la civilisation […], c’est l’égout »[2].

C’est à Paul Valéry que nous le devons, il épinglait de la sorte la voie surréaliste.

Jacques-Alain Miller s’en saisit pour nous offrir un texte fondamental, une boussole hors-pair quant à la clinique et pragmatique de la désinsertion en psychanalyse[3] afin de ne pas laisser sur le carreau celles et ceux dont la pente est de le réaliser, ce déchet.

Qui sont ces narodniki contemporains et où les trouver ? Connaissez-vous les dispensaires d’orientation analytique ? Et qu’est-ce que le lien social ? Quand le discours du maître sévit ? Et comment entendre que la paranoïa accompagne la sublimation « comme son ombre » ?  

Puis nous étudierons un cas de scopophilie articulé autour de la question de la créativité, proposé par Marco Androsiglio. La créativité n’est pas l’invention : l’une se place du côté de l’ex nihilo tandis que l’autre repose sur le bricolage. La « créativité » en tant que vocable est une « création linguistique » récente; il ne s’agit pas de sublimation, bien qu’elle en soit, peut-être, un effet. Nous sommes loin de l’art de la combinatoire, cher au signifiant, à la structure du symbolique, nous sommes dans le champ de l’imaginaire, du corps.S’agit-il peut-être d’une fonction, nouvelle, qui n’existait pas auparavant ?

 

[1] Miller J.-A., « Tombeau de l’Homme-de-gauche », Le Monde, 3 décembre 2002, disponible sur le site de Lacan Quotidien, à retrouver ici.

[2] Lacan J., Le Séminaire, livre XVIII, D’un discours qui ne serait pas du semblant, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 2006, p. 114

[3] Miller J.-A., « Le salut par les déchets », Mental, 2010, 24, pp.9-15

Texte prononcé initialement lors des journées Pipol IV à Barcelone consacré à « la clinique et pragmatique de la désinsertion en psychanalyse » en 2009.

Renseignements et inscriptions