Mathilde Braun et Coralie Haslé, co-responsables du vecteur TyA de l’Envers de Paris
Conversations Clinique & Addictions 2026-2027
Quels paris pour le sujet ?
Le thème de cette année pour nos Conversations – « Addictions : les partenaires impossibles, quels
paris pour le sujet ? » – se réfère au thème des prochaines journées de l’AMP « L’impossible à
supporter » et à une citation de Jacques-Alain Miller tirée de son texte « La théorie du partenaire » :
« On peut tout de suite aller à dire que ce qu’on appelle la clinique, c’est le partenaire. Dans l’analyse,
le partenaire c’est le réel comme impossible à supporter. »1 Ce texte nous servira de boussole tout au
long de l’année.
J.-A. Miller décline dans ce texte un certain nombre de partenaires symptômes, et insiste sur le
partenaire insupportable, pour conclure : « dans l’expérience analytique, lorsqu’un sujet témoigne de
ce qu’il a un partenaire insupportable, qu’il s’en plaint, le b. a.-ba est de poser que ce n’est pas par
hasard qu’il s’est apparié à ce partenaire insupportable, et qu’il lui procure le plus-de-jouir qui lui
convient. Et c’est à ce niveau du plus-de jouir, si l’on veut opérer, qu’il faut opérer. Ce sont les cas que
j’appellerai d’union symptomatique qui touchent au plus près l’existence du rapport sexuel »2
.
Partenaire-symptôme « à la mode », il évoque que la drogue peut être « un adjuvant à la relation
sociale, voire à la relation sexuelle »3, ou bien, au contraire, devient véritablement pathologique quand
elle est préférée au petit pipi, à la relation sexuelle. Il distingue ainsi le cannabis, qui peut faire adjuvant
à la relation sociale, de l’héroïne, qu’il situe côté séparation, partenaire déchétisant, séparateur par
rapport aux signifiants de l’Autre, ou encore de la cocaïne qu’il situe côté aliénation, « facilitateur de
l’inscription dans la machine tournoyante de l’Autre contemporain »4
.
Ainsi, nous questionnerons le lien aux partenaires impossibles que les sujets « addictes » que nous
rencontrons choisissent : le partenaire drogue comme partenaire impossible ; la drogue en réponse au
partenaire impossible ; le partenaire qui permet, un temps, de supporter un impossible ; le partenaire
toxique qui rend la vie impossible ; la solitude face aux partenaires gadgets, …
Et lorsqu’un sujet addict s’adresse à nous, vient-il se plaindre au partenaire analyste de son partenaire
vital, comme le suggère J.-A. Miller ? Quel partenaire l’analyste peut-il consentir à incarner ? Quel
impossible le sujet vient-il nous demander de supporter ? Comment l’institution supporte-t-elle
l’impossible ? Quels paris faisons-nous avec ce sujet ?
Nous nous retrouverons chaque mois autour d’un ou deux textes théoriques ou cliniques, pour
réfléchir à plusieurs autour de ces questions.
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1. Miller J.-A., « La théorie du partenaire », Quarto, n° 77, juillet 2002, p. 9.
2. Ibid., p. 16-17.
3. Ibid., p. 16.
4. Ibid., p. 17.A Paris ou en visio, les 4 novembre, 9 décembre 2026, 13 janvier, 03 février, 10 mars, 21 avril, 26 mai
et 23 juin 2027.
Renseignements et inscription : addicta.org ou addictions@enversdeparis.org
Mathilde Braun et Coralie Haslé, responsables du vecteur
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Les réunions ont lieu un mercredi soir par mois du mois d’octobre à juin, de 20h30 à 22h30. Renseignements et inscriptions sur addicta.org/conversations
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