Communiqué du TyA – Envers de Paris :

Pierre Sidon
Après les attentats effroyables de vendredi, le Président de la République a parlé. Cette parole, par nature « performative » (Austin), nous place en situation de guerre. 
Ce sont notre sol et notre peuple qui ont été touchés : dans leur chair la plus vive, faite de jeunesse, de force et de joie, son amour de la vie et de ses plaisirs.
Or la France a déclaré la guerre à un dit-État qui, malgré une implantation locale source de leur importante puissance économique, se définit par des frontières symboliques et non géographiques : pas de front, on parle même « d’ennemi intérieur ». 
Notre travail – en particulier cette année – se propose d’étudier les conditions du lien social à l’ère des « impérialismes » (Lacan). La guerre et en particulier celle menée contre notre civilisation par le djihadisme salafiste à l’oeuvre dans les attentats, rend plus vive encore notre interrogation. De fait, si l’ennemi n’est pas localisé clairement dans le registre de l’étendue, il l’est sur la cartographie des idées. Nous aurons à coeur de le situer, en nous repérant en particulier de la déclaration de guerre contenue dans la revendication reçue hier de Daech : Paris, « capitale des abominations et de la perversion ». Si ceci est notre Nom dans l’Autre qui nous attaque, il résonne avec ce même terme de perversion repris par Barthes à la psychanalyse freudienne, mot que nous avons choisi, cette année, comme provocateur de notre cycle de travail. Je crois donc que celui-ci peut et doit se poursuivre au titre non seulement de l’étude et de l’action psychanalytique, qui font notre passion, mais aujourd’hui de la résistance aux attaques qui menacent nos existences mêmes.
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