a-Dico-logie

L’a-Dico-logie n’est pas l’anti-étude du dictionnaire mais un savoir qui se veut anti-addictologie universitaire, a-universitaire (voir : a privatif à l’entrée « a » du dictionnaire). Est-elle un savoir anti-textuel pour autant ? Certes au sens où ce savoir n’est pas auto-référencé comme l’est le savoir universitaire qui prospère sur l’auto-citation (voir les manuels d’addcitologie universitaire). L’a-Dico-logie se veut plutôt hétéro quant à elle : elle prend sa référence hors savoir, dans ce qui échappe au savoir : le référent des linguistes, la fonction de dénotation (Jackobson) utilisée par Lacan pour indexer la causalité psychique comme hétérogène au savoir : la cause humienne opposée à la loi (Jacques-Alain Miller, Cours Cause et consentement, 1987-88, inédit). C’est alors un savoir référentiel qui est invoqué par Lacan dans sa Proposition du 9 octobre 1967 pour évoquer ce réel cerné par l’analyse en-deçà du discours. Lacan forge le concept d’objet pour désigner ainsi la cause du désir, horizon de la cure analytique. Notre dictionnaire s’assigne l’objectif de cheminer sur cette crête escarpée entre ce a et le savoir : un dictionnaire qui serait plus réel en somme, et en tout cas aux antipodes mêmes de l’irréalisation produite par une addictologie follement éprise du chiffre…

 

Haine

Il faut connaître sa haine, pour la reconnaître comme telle chez autrui sans lui donner valeur morale de mauvaise jouissance, et par là, l’accueillir sans tourment.

Victimes de la bientraitance

Comment prendre en compte, mesurer et traiter, dès lors, le trébuchement habituel du discours, les bégaiements réguliers de l’acte, s’ils ont été, dès avant même, dans le processus d’idéalisation en cause, sanctionnés comme maltraitance ?

a

…s’amincir encore à un simple point à l’intersection des trois dimensions symbolique, imaginaire et réelle.

Ah…

…est-on sûr que la jouissance ainsi permise soit du même ordre que celle qui affecte le corps parlant ?

Addictologie

L’addictologue, comme son patient, se protège du réel angoissant : c’est, quant à lui, un addict au chiffre, prosélyte par dessus le marché.

Conversation

Qui plus est, si les AA partagent un comportement, une addiction, il n’est pas évident que les Analysants ne partagent pas, eux aussi, une certaine forme d’addiction.

« D’un côté, il y a donc le Quantified Self et tout ce qui peut se numériser et, de l’autre, il y a ce qui se numérise pas : la jouissance qui, elle, justement est toujours soit en excès, soit en défaut, et ne cesse de se loger dans les failles de tout ce qui peut venir à se numériser. »

Éric Laurent, Entretien sur le thème « Un réel pour le XXIe siècle », réalisé par Anaëlle Lebovits-Quenehen, site du Congrès de l’AMP 2014