Au programme de la prochaine conversation du 15 février 2016, de la clinique et de la politique : au sujet de l’injection avec Jean-François Perdrieau et Coralie Haslé ainsi qu’Aurélie Charpentier-Libert. Les premiers nous parleront de la prise en charge conjointe, médicale et psychologique, en CSAPA d’un patient injecteur de Subutex. Sa particularité est de ne pas s’identifier à un toxicomane. Il tient à cette pratique pendant des années mais consent progressivement à quelques modifications dans le sens d’une préservation de la vie. La prise en charge médicale a permis une réduction des risques et un consentement à un suivi psychologique concomitant. Aurélie Charpentier-Libert, quant à elle, mettra en perspective la création des salles d’injection à moindre risque et l’installation prochaine d’un tel dispositif à Paris.

Charpentier-Perdriau-Haslé

Aurélie Charpentier-Libert, Jean-François Perdrieau, Coralie Haslé 

Que recèle cette mystérieuse pratique sans parole qu’est l’injection ? S’agit-il d’un désir décidé ? D’un traitement de la jouissance du corps ? D’une jouissance elle-même ? Faut-il lutter contre ou faire avec ? Accompagner ou traiter ? Des psychanalystes prennent-ils position quant aux orientations de santé publique ou restent-ils prudemment auprès de chaque sujet dans l’accompagnement ? Avec ce thème, nous revenons aux sources mêmes de la vieille « toxicomanie » et abordons la Réduction des Risques chère à l’ « addictologie »  nouvelle et si propice à l’émergence de nouvelles attitudes et règles dans une civilisation colonisée chaque jour un peu plus par les gadgets et ce que Fabian Naparstek a appelé « les métastases de la jouissance ». Que peut le désir décidé des analystes, pour ces sujets non moins décidés ?

Pierre Sidon

Salles de consommation à moindre jouissance ?

Aurélie Charpentier-Libert

En 2013 le Conseil d’Etat a décidé d’annuler le projet d’ouverture d’une salle de consommation à Paris au motif qu’un changement de loi était nécessaire au préalable.  Cette décision vient souligner le paradoxe posé par ce dispositif : de quelle façon légitimer l’existence de lieux destinés à la consommation de drogues interdites ?

Si l’ouverture de ces salles est donc pour le moment remise à plus tard, le débat suscité par l’exposition du projet a permis de faire le point sur la réalité de la prise en charge de la toxicomanie et de ses conséquences sur la société.

L’expérience de ces salles dans d’autres pays, tel la Suisse, éclaire la discussion en témoignant d’une nette diminution des overdoses et de la contamination par le virus du SIDA depuis leur création.

Pourtant, parmi les voix qui se sont élevées contre, la peur suscitée par la proximité avec la jouissance du toxicomane s’affiche  au premier plan. Au contraire, les partisans de ce dispositif soulignent les effets de diminution de ségrégation sociale  des consommateurs et de régulation de leur consommation.  Ainsi, l’expérience de ces salles de consommation dites « à risques réduits » semble renverser le discours établi en affirmant qu’une  « soustraction de jouissance »[i] est possible.

C’est donc par le concept inventé par Lacan de Jouissance que s’offre à nous une possibilité de penser les contradictions posées par la clinique de la toxicomanie et d’éclairer en quoi elle vise tout un chacun.

Lire l’article d’Aurélie Charpentier-Libert…

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[i] Feldman N., « Les lieux de la drogue », La Cause Du Désir, n°88, Paris, Navarin éditeur, 2014, p. 44.

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Débattre avec Action Barbès sur les Salles de consommation…

Un symbole significatif

Photos de la salle de consommation à moindre risque de Genève © Pierre Sidon

La salle de consommation à moindre risque à Genève :

Photos prises lors d’une visite effectuée en mai 2015 avec Nelson Feldman :

 

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