Après la présentation de la soirée par Pierre Sidon, suivent les échos de quelques idées échangées par les participants lors cette première conversation du cycle 2015-2016 des Conversations Clinique et addictions du TyA-Envers de Paris qui a porté sur le travail de Luis Iriarte . Propos recueillis attentivement par Maelwenn Combinais.
.
Pierre Sidon 
Le choix de notre thème de l’année, « citoyen consommateur », fait référence à la notion de « lien social ». Ce syntagme issu de l’enseignement de Lacan vient à la place de celui, par lui récusé, de société. Il n’y a pas LA société pour Lacan car il y a le discours, fait de l’articulation des signifiants dans la parole et c’est ce que Luis Iriarte a commencé de déployer dans le texte de la Conversation de cette soirée. Nous avons choisi ce thème dans un contexte institutionnel qui est le reflet de l’état de la civilisation : « l’évaporation » (le terme est de Lacan) du père et avec lui, des idéaux, de l’autorité qui en résulte, fait advenir un lien social remanié, horizontal en apparence, entre égaux où ma jouissance ne vaut pas moins que la tienne. C’est dans ce contexte de discours que s’inscrit aujourd’hui notre action psychanalytique née d’un siècle désormais bien lointain mais où déjà s’amorçait les conditions qui permettraient la mise au jour de la « fiction du père ». Ces conditions de naissance de la psychanalyse ne peuvent, en se développant, constituer aujourd’hui des obstacles à son existence. Lacan n’a pas tenté de restaurer le père comme l’ont fait aussi bien certains praticiens que des critiques de la psychanalyse, il a frayé au contraire une voie vers les modalités variées de « faire sans le père ». Et dès 1955, il positionne la place du psychanalyste sans ambiguïté en opposition à toute pratique autoritaire en parlant par exemple du « principe réactionnaire qui recouvre la dualité de celui qui souffre et de celui qui guérit, de l’opposition de celui qui sait à celui qui ignore. » (La chose freudienne, Écrits, p .403.)
C’est cette position qui nous guide dans notre rapport auxdits « usagers » dans notre action institutionnelle : nous ne nous exceptons pas, nous ne faisons pas les « experts », et même si nous avons « de la clinique », nous ne la mettons pas aux commandes dans le moment où nous pratiquons, ce qui nous laisse constamment éveillé, à l’affût de la surprise, attentifs à la singularité et à l’exception plutôt qu’à la répétition attendue du déjà vu, déjà su. Qu’est-ce qui nous lie ainsi à nos « publics », « patients », « usagers » – c’est selon… ? Est-ce un « tous addicts », tel qu’on dit aujourd’hui partout ? Certes, nous partageons cette vue mais elle nous paraît galvaudée et pourrait constituer – comme ladite « dépression » par rapport à la « mélancolie » – l’arbre qui cache la forêt des problématiques les plus sérieuses. Nous nous référons souvent au dire de Lacan : « tout le monde est fou, c’est-à-dire délirant » (Ornicar ?, n°17-18, 1979, p. 278), et nous avons aussi tenté, les années passées, de déployer son envers sous la forme que nous avons proposée : « tous embarrassés de la jouissance ». Mais nous pourrions tout aussi bien dire : « tous angoissés », nous référant à cette boussole infaillible, cause de l’angoisse : le réel, soit ce qui, de l’expérience humaine échappe à toute représentation et à tout discours. 
Addicts nous sommes, délirants aussi, angoissés naturellement : comment nous excepter du tableau clinique qui se constitue avec nous ? C’est donc de cette position de concernement singulier que nous nous exprimons en ces matières, à l’exact opposé des positions traditionnelles du Maître ou de l’expert contemporain, ce représentant du discours universitaire, par excellence inconsistant. Et nous le faisons toutefois en évitant toute stérile contestation systématique qui, in fine, n’aurait pour seul effet qu’un renforcement proportionnel de ces discours du Maître et de l’Universitaire.   
Ainsi positionnée, la psychanalyse n’est pas en difficulté par rapport à l’affaiblissement de l’autorité : elle ne se réfugie derrière aucune, pas même celle de Freud et Lacan. Elle ne prospère pas à l’ombre de ses glorieux aînés et réinvente sans cesse sa pratique et sa légitimité. Mais si elle contribue à la relativisation du père, elle ne pousse pas à se débarrasser de son usage : « s’en passer à condition de savoir s’en servir » lance Lacan (Le Séminaire, Le Sinthome, 13 avril 1976), fonde en raison la nécessité d’un lien social organisé. Ainsi la psychanalyse, de travailler à l’épanouissement de chacun, ne promeut-elle pas, rappelle Éric Laurent, que si « le père est mort, tout est permis » (« Institution du fantasme, fantasmes de l’institution », Feuillets du Coutil online, 2003). L’éthique psychanalytique conduit à reconnaître la place nécessaire à l’exception, une exception consentie, nécessaire au lien social : une fiction opérante. Et c’est une fiction qui doit être incarnée, sérieusement mais sans s’y croire, tant dans la famille, que dans la société. Père, maître, directeur, président… Ces fonctions Lacan les a logifiées dès les premiers temps de son enseignement, comme nous y introduit le texte de Luis Iriarte. Et il l’a fait à-partir des concepts de signifiant, parole, structure puis discours. 

__________________

 

Maelwenn Corbinais

Quelle meilleure introduction à une réflexion clinique que la reprise du néologisme de Lacan de « VARITE », traduisant la variété de la vérité, la multitude des facettes de celle-ci ? Au lendemain des événements dramatiques du 13 novembre 2015, la clinique orientée par la prise en compte de la singularité de chaque sujet ne peut que clamer que l’on ne peut poser une vérité unique. Le discours capitaliste produit des objets et en fait des appareillages du corps du sujet afin qu’il en jouisse. Ainsi, l’hypermodernité se caractérise-t-elle par des sujets aspirant à une jouissance sans entrave. L’individu revendique son droit à la jouissance et peut même faire de son mode de jouissance un trait l’identifiant. Le sujet moderne est donc caractérisé par la solitude. On peut alors parler « d’individualisme démocratique ». Le sujet se déchetise quand il n’est pas utile, et cela n’est pas sans influencer la façon de faire lien social. Nous sommes donc d’une certaine façon dans une ère du « tous addict ». L’addict cherche à régler sa jouissance seul, sans limite, sans loi et en dissolvant le père. N’est-ce pas d’ailleurs une conséquence de la Révolution ? Mais à cette ère, qu’en est-il de l’addict « véritable », et de sa façon de faire lien social? Voilà une question qui orientera le travail de réflexion de cette année.

Dans la toxicomanie, l’identification imaginaire prend une place importante et pas seulement chez les sujets les plus fragiles. Ainsi un mouvement de revendication, notamment parmi les usagers de drogue, se développe-t-il. La dépénalisation du cannabis et la mise en place de « salles de consommation à moindre risque » se profilent. En tant que clinicien, peut-on se positionner « contre l’addiction » s’il s’agit d’un choix du sujet ? Et peut-on se dire pour également, si ce choix court-circuite la parole ? Les structures de soin ne peuvent parfois que promouvoir la diminution, l’usage de produits de substitution ou la prévention des risques. Si le toxicomane s’éjecte lui même en tant que déchet, il a aussi été éjecté par les institutions par le passé alors que l’alcoolique, lui, a été comme accueilli par l’alcoologie. Quant au terme moderne d’addiction, ne réintègre-t-il pas ces éjectés ?

Afin de travailler sur la clinique du lien social du-dit « addict », il n’est pas inutile de tracer quelques repères théoriques avant de s’atteler au défrichage clinique. Nous allons donc nous attarder sur le signifiant et le discours. Le support de cette première conversation de l’année est le texte de Louis Iriarte Une première conception du lien social chez Lacan.

Les théorisations de Lacan sur les discours son liées à ce qu’il avait formalisé dans sa théorie du signifiant. Dans un premier temps de son enseignement sur le signifiant, Lacan nous dit que « le signifiant […] est ce qui représente un sujet pour un autre signifiant [1]». Et aussi : que cet algorithme n’est « pas à comprendre mais à appliquer ».

S1 —> S2
$              

Cette définition du signifiant introduit le discours du maître. Lacan ne pouvait rendre compte de ce qu’était le sujet qu’à-partir de l’articulation d’un S1 à un S2. « $ » car on ne peut dire un sujet sous UN signifiant mais toujours au moins deux. Lacan nous dit qu’« il n’y a pas de discours sans un certain ordre temporel, et par conséquent sans une certaine succession concrète [2]». Lacan avance alors qu’il y a, concernant les rapports entre les signifiants, deux voies possibles[3] : la métaphore (une substitution d’un signifiant par un autre – structure du point de capiton) ou la métonymie (une connexion d’un signifiant avec un autre). Pour Louis Iriarte « nous discernons cette même logique dans la construction des discours : les termes de chaque discours pourront se rattacher, entre eux mêmes, d’une manière très précise à partir de la place qu’ils occuperont au sein du discours ».

Jacques-Alain Miller définit le lien social comme « l’articulation de deux places » où il se présente « un rapport de dominant à dominé »[4]

En effet, au début de son enseignement, Lacan conçoit le rapport de domination comme central dans sa théorie du signifiant (du S1 sur le S2) et du discours (l’agent qui commande l’ensemble du discours). Ainsi, tout lien comporte une influence ou une domination d’un élément sur un autre.

Le discours serait plus lié à ce qui est avant la parole selon Lacan. En effet, peu importe le contenu ou l’énonciation du discours, ce qui le caractérise, c’est le langage. Et le langage a une certaine structure, celle du signifiant. Lacan affirme que « la structure est d’abord un groupe d’éléments formant un ensemble covariant »[5]. Louis Iriarte nous résume alors que « si ce qui caractérise le langage ce sont les signifiants et non pas la parole, nous pourrions dire alors que les signifiants seront les éléments qui vont constituer l’ensemble covariant au sein de discours. » Ce serait alors l’articulation de signifiants qui définirait le discours et donc le lien social. En effet, selon P. Naveau « le lien entre les signifiants est très précisément le lien social »[6].

Mais alors comment peut-on comprendre la difficulté de faire lien social ? Peut-on dire que cela correspond à cette articulation signifiante qui ne s’inscrit pas ? Pour Louis Iriarte « si nous considérons ce que Lacan a développé autour de la structure psychotique, dans les années 50′, nous percevons comment se présenteraient ces difficultés ». « Il s’agit, au fond de la psychose, d’une impasse, d’une perplexité concernant le signifiant [7]» La difficulté à faire lien social serait la conséquence d’un trou dans la chaîne signifiante ? La difficulté à être dans le lien social ne concernerait que des sujets psychotiques ?

Or il y a deux types de phénomènes dans la psychose : le phénomène de vide (la perplexité) et le phénomène de plein (le néologisme, l’holophrase, …).

Selon Jacques-Alain Miller, l’énigme est une rupture entre le signifiant et le signifié. Selon P. Naveau la perplexité surviendrait, pour le sujet psychotique, quand « à la place de la signification il y a un vide ». Un signifiant ne trouvera pas de sens bien que la certitude soit présente. Louis Iriarte en conclut qu’au moment de parler des difficultés du lien social, nous ferons référence au vide qui surgit pour le sujet psychotique lorsque les signifiants se présentent sans un ordre précis, en ne donnant aucune signification.

Selon Lacan, pour un sujet psychotique « c’est un langage où certains mots prennent un accent spécial, une densité qui se manifeste quelquefois dans la forme même du signifiant »[8]

Louis Iriarte interprète alors que « ces mots, ayant un accent spécial, seront pour le psychotique une possible conséquence de la perplexité dont il a pu se trouver suite à la non-inscription de la relation S1-S2. » Mais d’un autre angle de vue, ces mots ayant un accent spécial ne permettent-ils pas une certaine stabilisation des sujets psychotiques ?

Des exemples de ce type de mots seraient le néologisme, définit comme « une signification qui ne renvoie foncièrement à rien qu’elle même »[9], ou l’holophrase, qui surgit « lorsqu’il n’y a pas d’intervalle S1 et S2 »[10] pouvant condenser une phrase dans un seul mot. L’holophrase est, elle, constituée de signifiants amalgamés. Pour exemple « les-terres » donne « l’éther » dans une des vignettes cliniques issue d’un article d’Eric Laurent, présentées dans le texte. Dans la deuxième vignette clinique rapportée par Louis Iriarte, celle de Hugo Freda, le sujet se présente sous l’appellation « je suis toxicomane »[11]. Mais avant cela, un serment lui aurait permis d’établir un lien avec sa fiancée et avec les autres, en étant « celui qui ne toucherait pas aux armes. La dite phrase lui permettait alors d’assurer sa place dans le monde. Ainsi ces mots ayant un accent spécial semblent ainsi permettre le fonctionnement d’un pseudo lien social pour le sujet psychotique. Mais comment cela peut-il s’expliquer ?

Qu’est-ce qui caractérise un phénomène psychotique? On peut faire l’hypothèse qu’il s’agit de la certitude (exemple du serment de ne « jamais toucher à une arme ») et de se sentir « concerné » par ce dernier (selon la conception du concernement du psychiatre Clemens Nesser). Cela nous introduit aux diverses solutions, appartenant à des registres différents, utilisables par le sujet pour faire face au manque de signifiant paternel ou au défaut de nouage, selon les conceptions. Par exemple :

  • « je ne toucherai plus au fait-pipi », dans le registre de l’imaginaire,
  • « j’utilise un produit, je ne suis plus concerné par le fait-pipi », dans le registre du réel.

Reprenons le discours, et donc le lien social, selon Lacan :

AGENT  –>  AUTRE
VÉRITÉ // PRODUIT

Reprenons le discours du maître :

S1 —> S2 
$      //   a

Il faut avoir à l’esprit que le discours du maître est également celui de l’inconscient.

Dans ce que Lacan va inventer d’un nouveau type de discours, le discours capitaliste :

disocurscap

a —> $, peut se lire comme l’addiction ;

S1 —> S2, peut se lire comme la parole court-circuitée.

Si les discours classiques se définissent de faire avec l’impossible, là le discours capitaliste le fait disparaître.

La ségrégation est du fait de l’Autre : on ségrègue dès lors qu’on parle. Mais la ségrégation n’est-elle pas plus facilement appréhendable avec la conception lacanienne des discours que dans la simple rhétorique des rapports de domination ?
Nous devons donc aussi poser une nette distinction entre la ségrégation, inhérente au fait que l’on parle, et le « hors discours », caractéristique de certaines positions subjectives à l’origine de certaines désinsertions du lien social. On peut définir le hors discours comme un rejet du discours de la part du sujet. Si un sujet est responsable de ses choix, et est donc susceptible d’avoir un pouvoir sur ses derniers, il n’en est pas moins assujetti à son inconscient – qu’il soit à ciel ouvert ou pas.

Des toxicomanes pourraient-ils avoir un rapport au toxique déterminé par des mots spécifiques disposant d’un accent spécial ? A cet égard, les deux vignettes cliniques rapportées par Louis Iriarte sont riches d’enseignements et de questionnements.

Le cas d’Eric Laurent sur un patient éthéromane [12] peut nous laisser supposer que la formule « les-terres » disposant d’un accent spécial déterminerait l’addiction à « l’éther » . Dans la lecture qu’en fait Louis Iriarte « les terres dont on a privé son père font retour chez le patient à travers sa consommation ».

Quant à la deuxième vignette clinique, il s’agit d’un patient de Francisco Hugo Freda se présentant sous l’appellation « je suis toxicomane »  [13]. Le serment lui aurait permis d’établir un lien avec sa fiancée et avec les autres, en étant celui qui ne toucherait pas aux armes, jusqu’au moment où il fût appelé à prendre les armes dans le cadre de l’obligation militaire. Sa place dans le monde s’ébranla ainsi que sa façon de faire lien social. Surgit alors un « Deviens toxicomane ». Était-ce dit par quelqu’un ou un phénomène élémentaire (hallucination ?) reconstruit dans l’après coup ? Nous ne pouvons le savoir. Néanmoins cette phrase est venue fixer une nouvelle identification en tant que « toxicomane ».

Louis Iriarte conclut que « si le lien social n’est possible qu’à partir de l’inscription du rapport entre les signifiants, pour des sujets psychotiques des signifiants ayant un accent spécial leur permettraient d’avoir une certaine stabilisation. » Assurent-ils une fonction de lien social pour eux ? On peut supposer que la construction d’une chaîne signifiante singulière au sujet tient à-partir de ces mots particuliers. Et cette chaîne signifiante permettrait alors au sujet d’avoir un lien social. Mais dans ce cas le sujet psychotique est-il toujours hors discours ? Si les difficultés du lien social font référence au phénomène de vide qui surgit pour le sujet psychotique – lorsque les signifiants se présentent sans un ordre précis, en ne donnant aucune signification – alors on peut supposer que toute construction signifiante, quel qu’en soit sa forme, est une tentative de constituer un discours et donc un lien social.

Plus tard, Lacan définira le signifiant comme « la cause de la jouissance ». Cela ouvre à d’autres questionnements et échanges.

___________

[1] Lacan, J., Le Séminaire, Livre XVII, Lenvers de la psychanalyse, Paris : Seuil, 1991, p 31.

[2] Lacan, J., Le Séminaire, Livre III, Les psychoses, Paris : Seuil, 1981, p. 66.

[3] Lacan, J., Le Séminaire, Livre III, Les psychoses, Paris : Seuil, 1981, p. 250.

[4] Miller, J.-A., « Psychanalyse et société », Quarto, N° 83, Tournai : Imprimerie Dumortier, 2005, p 7.

[5] Lacan, J., Le Séminaire, Livre III, Les psychoses, Paris : Seuil, 1981, p. 207.

[6] Naveau, P., Les psychoses et le lien social : Le nœud défait, Paris : Anthropos, 2004, p. 56.

[7] Lacan, J., Le Séminaire, Livre III, Les psychoses, Paris : Seuil, 1981, p. 219.

[8] Lacan, J., Le Séminaire, Livre III, Les psychoses, Paris : Seuil, 1981, p. 42.

[9] Ibid., p. 43.

[10] Lacan, J., Le Séminaire, Livre XI, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Paris : Seuil, 1973, p. 215.

[11] Freda, F. H., « La toxicomanie : un symptôme moderne », Le toxicomane et ses thérapeutes, Analytica n° 57, Paris : Navarin, 1989.

[12] Laurent, E., « Comment avaler la pilule? », Ornicar ? De Jacques Lacan à Lewis Carroll, Paris : Navarin, 2004.

[13] Freda, F. H., « La toxicomanie : un symptôme moderne », Le toxicomane et ses thérapeutes, Analytica n° 57, Paris : Navarin, 1989.

%d blogueurs aiment cette page :