Après les attentats, sa mère l’a appelé au CTR. Comme il travaille dans le XIème, elle lui a dit : « -fais bien attention, regarde toujours autour de toi. »

Il devait aller au travail et maintenant il est en panique : Charlie, les attentats… : le quartier est décidément dangereux. Alors il est resté dans sa chambre. Peut-être accepter un arrêt de travail demain ? Non, il tient à retourner à son ESAT. En attendant on lui propose un peu de tercian.
La nuit il se réveille après un cauchemar : il reconsommait avec un copain, il se « piquait » buvait de la bière. Le lendemain il renonce à nouveau à se rendre à son travail : la peur domine. Il accepte l’arrêt de travail et verra le psychiatre aujourd’hui.

Sa mère ? Il aurait bien aimé qu’elle « le lâche » dit-il à-propos d’elle régulièrement, elle qui l’a laissé chez sa mère à l’âge de 10 ans pour venir travailler en France, elle qui lui reproche de n’avoir pas « refait sa vie » à cause de lui, elle qui le considère « comme une merde », dit-il, elle qui le décourage régulièrement de continuer son suivi et son traitement de substitution, elle qui l’a fait sortir du CTR il y a quelques années juste avant qu’il ne commence son travail en ESAT et qu’il ne rentre au foyer. Il était donc rentré chez elle avant de reprendre une période de consommations par injections et de refaire un nouveau séjour au CTR, où il est toujours. Il attend désormais à-nouveau d’intégrer le foyer de l’ESAT où il travaille. Choisira-t-il cette fois-ci son projet ou… celui de sa mère ?

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