Un éducateur découvre un comprimé de Risperidone dans les interstices du canapé. Interrogé sur le sujet, il avoue avoir interrompu secrètement ce traitement depuis plusieurs semaines : il souffrait, dit-il, d’un manque de concentration, il voulait passer son permis… Et puis, surtout, il déclare : « Ce n’est pas ce que j’attends du médicament ». Grand automédicateur de toujours, il estime qu’il n’en n’a plus besoin de toute façons puisqu’il ne souffre plus de l’espèce d’agitation intérieure qu’il traitait auparavant par lui même, avec des drogues ou de l’alcool par dessus le marché.
Il a certes une difficulté à se concentrer et son usage habituel de substances psychoactives vise plus une animation du corps, dévitalisé, et de la pensée, mortifiée, qu’à une sédation qui ne lui vaut rien. Mais lorsqu’elle dépasse son but, l’angoisse et l’agitation prennent le dessus et ne l’aident pas. De plus il vient au CTR pour retrouver renouer un lien social délité, alors que nous demande-t-il ? À quoi rime une telle autonomie dans le cadre d’une prise en charge institutionnelle ? Souhaite-t-il rester ici ou pas ?
Il choisit de rester. Le psychiatre consent à ne lui prescrire qu’un quart de ce traitement, soit 1/2 mg au-lieu de 2, mais il doit désormais le prendre sans faute. Car n’absorbe-t-il pas ainsi bien plus qu’une molécule, comme l’a enseigné le vital Balint ?

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