Il sait qu’il a de l’argent sur son compte… Mais il l’oublie chaque jour. Il clame à qui veut l’entendre : « Je n’ai rien ! ». À l’assistante sociale qui a rétabli ses droits et lui montre ses comptes, bien garnis, il tient le même discours. Et aux éducateurs qui l’incitent à vérifier ses comptes sur internet, il annonce avoir perdus ses identifiants. Comme le séducteur d’ « Un jour sans fin », faute de consentir au manque, il doit recommencer chaque jour la même journée. Mais à la différence du cynique présentateur, ce n’est pas le désir qui lui fait problème : il n’en n’a aucun ; pas même un besoin d’ailleurs. Ce qui fait que son pactole s’étoffe. Version financière de « l’objet dans la poche » de la psychose lacanienne.
Et il regarde ses interlocuteurs en affichant un sourire lointain, triste et taciturne, convaincu de sa perte.

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