Il touche ses  800 € d’allocation. Il s’exclame, vainqueur, à l’attention des autres: « – 800 € comme ça, à l’oeil ! » 

L’allocation est reçue comme un cadeau de l’Autre, c’est une indemnisation du sujet pour le mal indéniable qui lui a été fait d’être né. Loin de ne faire que déresponsabiliser les sujets comme il peut apparaître de prime abord, elle répare effectivement le préjudice primordial qui fixe le sujet dans une position d’accusation, l’empêchant de prendre sa part au désordre du monde qu’il dénonce justement. En pratique, ce pretium doloris est souvent le premier pas qui augure d’une détente dans le tire à la corde que constitue le rapport du sujet aux autres. Il est plus efficace qu’une responsabilisation à visée éducative, en réalité incompréhensible pour ces sujets. L’acte d’indemnisation surclasse toute parole réparatrice, fut-elle de compassion ou de reconnaissance. De plus, elle permet matériellement au sujet d’habiller son être de déchet bien souvent dénudé. Pour tout cela, elle s’avère donc bien souvent un préalable indispensable à toute pratique de parole.

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