« Je fais un bon bilan : deux ans de soins. Déjà physiquement… Et mes interprétations ! Comment je me dénaturais, je me vendais… J’avais l’impression d’être une erreur de la nature, issu d’un mariage bizarre. Maintenant c’est à la mode… les mariages… Mais à l’époque… Je me disais que j’avais rien à faire sur cette terre. » –Ricardeau

Dépendant à des doses massives d’alcool à 30 ans, il y a deux ans, il arrive au CTR avec une nécrose de la hanche. Il est durablement abstinent actuellement et se rééduque après une greffe osseuse. Le lien social se construit maintenant à-partir d’un ATR. Il a compris qu’il voulait se dissoudre comme produit du pacte atypique dont il était issu. La francisation de son son prénom (ici changé pour la publication) n’avait pas suffit. Il conclut : « c’est des fausses excuses tout ça ! »,  décidé à rompre avec l’identification mortifère qui le pétrifiait et à construire sa vie en faisant désormais abstraction des conditions péjoratives de sa venue au monde : un père qu’il décrit comme un imposteur tyrannique laissant libre cours au trou noir d’une mère dont il ne peut parler. À noter au passage combien l’acceptation sociale progressive des variantes de ladite normalité dans les choix sexuels et de couple a pu jouer ici un rôle dans le soulagement de la honte de ce sujet. Une leçon pour les thérapeutes, les éducateurs, les politiques… la société dans son ensemble.

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